6 avril 2009
Nous profitons d’être a Pnohm Pen pour aller visiter la prison S21, utilisée pour ‘’interroger’’
les supposés ennemis du régime des Khmers rouges. L’ancien centre de détention a été transformé en un lieu de mémoire des atrocités perpétrées sous le régime totalitaire de Pol Pot.
Musée du Genocide – Ancienne prison
S21
L’ancien centre de sécurité, appelé ‘’Security Office 21’’ a été utilize d’avril 1975 jusqu’a la
chute du régime, en janvier 79, a des fins de détention, interrogation, torture, et d’execution. Les Khmers rouges enfermaient à S-21 tous les
opposants supposés au régime, sur n'importe quel motif. Les personnes enfermées étaient aussi bien des jeunes que des personnes plus âgées. Il y avait des femmes, des enfants, et parfois des
familles entières (bébés y compris) d'ouvriers, d'intellectuels, de ministres et de diplomates cambodgiens, mais aussi des. Le simple fait de porter des lunettes (y compris pour les enfants)
était suffisant pour être considéré comme intellectuel et donc « à exterminer » ! Ainsi, tous les médecins, pharmaciens, ingénieurs, professeurs, infirmières ont été
exécutés.
Il s’agissait en définitive presque plus dun abattoir que d’une prison ou centre d'interrogatoire, car si 7 personnes ont pu en sortir vivantes, entre 12000 et 17000 hommes, femmes et enfants y ont trouvé la
mort.
Cet ancien lycée a été détourné de ses functions d’éducation après que la clique de Polt Pot aie
obligé tous les habitants du pays a fuir les villes pour devenir des exclaves, dans les champs ou dans les forets.
Les salles de classe été utilisée pour enfermer
environ 50 personnes, allongées par terre en alignements serrés, les familles regroupées. Les pieds des détenus étaient attachées par des anneaux en fonte à de longues barres de
fer. Les fenêtres sont cernées de barbelés, pour empêcher les prisonniers de se
suicider.
Hormis les salles de tortures, qui sont restées intactes, les autres salles sont aujourd’hui
utilisées pour afficher les visages des nombreuses victimes. Cela fait vraiment froid dans le dos de voir tous ces beaux et tristes visages de gens qui étaient destinées a mourir.
A l’entrée du musée, les 10 règles du centre permettent d’imaginer la détresse et l’horreur
qu’ont du vivre les prisonniers:
Les gardes avaient entre 10 et 15 ans, et sous l'endoctrinement de leurs aînés, devenaient
rapidement beaucoup plus cruels que les adultes. Ce qui fait aussi froid dans le dos, ces que seuls les hauts Chefs du parti ont étés jugés, et ces mêmes tortionnaires continuent de vivre comme
si de rien n’était…
L’application de la doctrine de Polt Pot ou
l’autogénocide du Cambodge
En Avril 75, sous le prétexte fictif d'une attaque américaine imminente, Phnom Penh est
pratiquement vidée de ses deux millions d'habitants en quelques jours. Assimilés au capitalisme, tous les citadins, par la pointe du fusil, sont forcés d'aller travailler dans les
campagnes.
Pendant près de quatre ans, les Khmers rouges font régner la terreur dans le pays, s'acharnant
particulièrement sur la population urbaine et sur les intellectuels.Tout ce qui pouvait rappeler la modernité ou l'Occident est systématiquement détruit, telle la cathédrale catholique de Phnom
Penh ou la Banque nationale du Cambodge, détruites par les flammes en 1975. La monnaie, la famille, la religion et la propriété privée et l’éducation sont abolies. Le Cambodge est coupé du
monde.
Il en résulta un contrôle policier des comportements et des pensées
particulièrement inquisitoriaux, ainsi que des appels constants à la vigilance révolutionnaire vis-à-vis des « mauvais éléments » et des ennemis, en même temps que des appels à ne pas
être trop à gauche (même si le plus important était de ne pas être trop à droite).
La situation économique se dégradant d'année en année, la recherche de
boucs émissaires et les tricheries multiples rendirent la situation particulièrement angoissante et invivable. Les exécutions étaient monnaie courante. La volonté de multiplier les rendements à
l'hectare par trois amena Pol Pot à affamer la population cambodgienne pour atteindre ces objectifs
Les Khmers rouges sont à l'origine de la mort d'environ 1 700 000 cambodgiens entre 1975 et 1979,
soit plus de 20% de la population d'avant 1975. Ces personnes sont mortes de faim, d'épuisement ou exécutées.
Ce bilan fait du régime de Pol Pot l'un des plus grands criminels du
XXe siècle.
La visite est très intéressante et évidemment remuante. Mais en en sort encore plus perplexes
qu’á notre arrivée, car elle n’apporte aucune piste de réponse aux questions que nous nous posons: comment un tel génocide a t il pu arriver, sans que PERSONNE, a l’intérieur ou a l’exterieur du
pays ne réagisse? Comment être sur que cela n’arrivera pas a nouveau?