Jordanie

Publié dans : Jordanie

Cette première journée est consacrée à faire le trajet Paris-Amman, avec un transfert prévu à Londres.

 

Après une nuit sereine pour Coralie et totalement angoissée pour Alex (« mais qu'est-ce qu'on pourrait bien avoir oublié ? »...), nous quittons l'appart de Sam pour découvrir que Paris, pendant la nuit, s'est recouverte d'une fine couche de neige: pas encore vraiment partis, mais nos repères changent déjà...

 


 

 

Vite vite, on ne peut pas se permettre de manquer notre premier vol quand même!

Direction Châtelet pour prendre le RER B. Assez déroutant, (mais tellement grisant!) de voyager une dernière fois parmi les parisiens se rendant au travail. Combien de fois l'avons-nous pris, ce RER, pour nous rendre au bureau ou en RDV client?

Nous nous sentons déjà un peu étrangers en comparaison des personnes avec qui nous partageons une dernière fois la promiscuité du métro:
- les costumes et tailleurs des salariés parisiens versus notre costume tout neuf de baroudeurs sponsorisés Decathlon et Vieux Campeur ;
- les sacs à mains et ordinateurs portables versus nos sacs à dos chargés de l'indispensable pour 11 mois de voyage
- les mines contrites spéciales « rentrée » des travailleurs versus nos sourires béats, réalisant à peine que « ca y est, c'est le grand jour! ».

 

Arrivée à CDG. Enregistrement des bagages.

Alors, combien pèsent les bagages que nous abandonnons pour la soute?

Résultat de la balance: 10,7Kg pour Coralie, et...15,7kg pour Alex, qui a oublié d'enlever de son sac certaines choses d'une utilité contestable comme ses 3 grosses balles de jonglage!!

 

Embarquement.

Malheureusement, la neige n'a pas été une bonne surprise pour tout le monde. Le pilote nous informe que l'aéroport vient de s'apercevoir que le matériel de déneigement ne fonctionnait pas... Tous les avions sont bloqués au sol, et nous sur notre siège pendant 3h ! Mais bon, du coup, on n'aura plus que deux heures d'attente à l'aéroport de Londres avant le vol pour Amman...

 

Transfert à London sans problème, Vol vers Amman dans avion semi-vide, arrivée vers 1h du matin à Amman, 1ers visas, taxi vers l'hôtel réservé à Magada, où nous posons enfin nos affaires dans un chambre au confort modeste, première d'une longe liste...

 

Au programme de mardi: visite du mont Nébo, de Béthanie (où Jésus s'est fait baptisé dans le Joudain) et de la mer Morte.


Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Publié dans : Jordanie

Nous séjournons donc à Madaba, au sud d'Amman, la capitale, que nous avons choisie d'éviter car trop polluée, et d'un intérêt culturel limité.


La journée commence par un copieux petit-déjeuner local composé d'oeufs durs et pain non levé agrémentés de miel, thym, huile d'olive (miam miam!!) et de fruits frais.

Nous faisons l'ouverture de la basse saison et nous profitons donc de prix très attractifs et d'un climat tempéré très agréable (5-20 degrés). Et surtout, nous sommes presque les seuls touristes, ce qui est très, très appréciable!

Mais il nous faut nous lever tôt car à cette saison les journées sont courtes, le soleil se couchant vers 17h30.

Ahmed, notre sympathique chauffeur de taxi et guide pour la journée, nous récupère à notre hôtel à 8h30 pour un tour de la région.


Précisons ici que le réseau de transport en commun en Jordanie est quasi inexistant, avec des trajets et horaires très aléatoires. Nous sommes donc obligés de recourir aux taxis individuels ou collectifs, pour nous déplacer hors de la ville.


La région de la mer Morte est extrêmement intéressante d'un point de vue culturelle ou géographique. Nous voilà donc partis pour une journée bien chargée. Au programme: le Mont Nébo, Béthanie et la Mer Morte.


La route qui nous emmène au Mont Nébo nous offre nos premiers paysages jordaniens, paysages lunaires si particuliers du Moyen-Orient. Sur un fond de désert ocre et mauve, nous longeons de nombreux champs d'oliviers, qui s'élèvent d'une terre d'un rouge sang.



Le Mont Nébo

Petit rappel pour ceux qui ont séché les cours de catéchisme: c'est depuis les hauteurs du Mont Nébo que Dieu indiqua à Moïse la Terre Promise, dont il lui interdit l'accés. Moïse y mourut à l'âge de 120 ans et fut enterré dans la région, mais le lieu de sa sépulture reste inconnu.

Au delà de sa signification religieuse, le mont Nébo offre un panorama somptueux sur les terres bibliques de Galaad, Juda, Jéricho (en Israël) et du Néguev (La Terre promise). On y aperçoit le Jourdain serpenter au fond de la vallée, séparant les territoires jordanien et israëlien.


Le site de Béthanie

« Puis jésus vint de Galilée jusqu'au Jourdain pour y être baptisé par Jean » (Matthieu III, verset 13 »

Ceci eut donc lieu a Béthanie. Le lieu exact du baptême n'a été identifié par les archéologues qu'en 2003. il est reconnu comme le lieu de prêche de l'apôtre Jean-Baptiste, le lieu de baptême de Jésus, où se rencontrèrent les 5 apôtres et où furent établis les fondements du Christianisme.

Nous avons droit à une visite privée avec un guide du site, un petit plaisantin du nom de David, à qui nous devons la pensée du jour (voir « Dictons et autres bons mots »).

Le site en lui-même est assez décevant, car le Jourdain s'est beaucoup asséché en 2000 ans, et l'endroit du baptême est aujourd'hui une mare où croupit un eau verdâtre. On a donc un peu de mal à s'imaginer Jésus se faisant baptiser au milieu d'une flaque grouillant de moustiques....


Le site conserve cependant son caractère « sauvage » et sacré, mais les travaux alentours nous font penser que, bientôt, des hordes de bus déverseront leurs troupeaux de touristes.

Après ces deux étapes bibliques, nous avons bien mérité un petit bain dans la mer Morte.

La mer Morte

La mer Morte est l'un des sites les plus étranges au monde. Cette immense faille d'un bleu extraordinaire est longue d'environ 80kms et large de 15kms. Elle se situe à plus de 400m au dessous du niveau de la mer et constitue donc le point le plus bas du globe. Non contente de ce premier record, la mer Morte est également unique car elle retient des eaux 6 fois plus salées que l'océan. Conséquences de ce phénomène physique hors norme: on y flotte comme des bouchons! trop fort! quel régal de faire la planche et autres galipettes aquatiques sans le moindre effort! Attention, douche à l'eau claire impérative sous peine de voir sa peau brûler par le soleil.



Et dire que la veille, nous étions sous la neige en quittant Paris...


Nous profitons d'autant plus de pouvoir nous baigner dans les eaux turquoises de la mer Morte que celle-ci est en train d'agoniser...En effet, depuis 2 décennies, le niveau de ses eaux descend inexorablement de 5m par an, aucun afflux ne provenant plus du Jourdain, devenu un fleuve stagnant et dont les eaux sont détournées à des fins d'irrigation. A cela il faut ajouter une forte évaporation des eaux de la mer morte. A ce rythme, selon les spécialistes, la mer sera totalement asséchée d'ici 50 ans! La construction d'un canal de 80 kms de long est prévu entre la mer Rouge et la mer Morte pour inverser la tendance. Le plus gros problème posé par ce projet n'est pas son coût, mais l'incontournable coopération entre Israel, la Jordanie et les territoires palestiniens, et donc la résolution du processus de Paix lui-même. On a donc de quoi se faire du souci....


Le retour à Madaba se fait au son de musiques jordaniennes qu'Ahmed est très fier de nous faire découvrir à plein volume, tout en nous montrant les photos de ses 7 enfants sur son portable et en négociant les virages très serrés à toute allure!!



















A la tombée de la nuit, nous arpentons la ville au son de la prière du soir émanant d'une mosquée toute illuminée.


Nous dînons dans une sorte de resto ouvrier où nous nous régalons de shawarmas et falalels. Mais attention, oubliez tout ce que vous croyez savoir du shawarma et du falafel, car ce que nous mangeons ici est à un million d'années lumières ! Un peu comme si vous aviez l'habitude du pâté de foie en boite et que vous goûtiez au pâté de la grand-mère d'Alex (pour ceux qui connaissent) !


Nous terminons la soirée dans un Internet café pour poster notre premier article et rassurer la famille. Eh bien, on ne sait pas si ca vous est déjà arrivé d'écrire avec un clavier arabe moitié effacé, mais nous ça nous a bien pris 15 min rien que pour arriver à nous connecter à nos comptes de messagerie!!


Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Publié dans : Jordanie

Aujourd'hui, nous prenons la « Route du Roi ».


Ainsi nommée car elle permet depuis l'époque romaine de relier les principales villes royales, la route du Roi traverse toute la Jordanie, du nord au Sud. Depuis 3000 ans, elle a vu passer tour à tour les juifs en route pour la Terre promise, les Nabatéens venus de Pétra, les chrétiens en pèlerinage vers le mont Nébo, les croisés ralliant leurs forteresses, et les musulmans se rendant à la Mecque.


Nous avons pour objectif d'arriver à Pétra dans 2 jours. Nous ferons aujourd'hui le trajet jusqu'à Dana, en faisant une halte dans l'ancienne forteresse de Kérak, pour arriver en milieu d'après-midi dans le pittoresque village de Dana. Nous partirons le lendemain de ce dernier pour faire une randonnée dans la réserve naturelle située à proximité.


Entre déserts et vallée du Rift, les paysages sont tous plus époustouflants les uns que les autres, notamment les canyons du Wadi Mujib.















Nous croisons régulièrement des bédouins qui guident leurs troupeaux à flancs de collines, en nous demandant ce que ces pauvres bêtes peuvent bien trouver à manger sur ces terres arides.










La forteresse de Kerak

Le château de Kerak est une ancienne forteresse, construite pour protéger les pèlerins en route pour Jérusalem.

La ville de Kérak se dresse sur le trajet qu'empruntaient les caravanes circulant entre l'Egypte et la Syrie au temps des rois bibliques. Mais l'arrivée des croisés à Kerak poussa la ville sur les devants de la scène, le roi croisé Baudouin 1er de Jérusalem y faisant bâtir une forteresse en 442. Kerak devint ainsi la capitale de la région d'Outre-Jourdain. L'emplacement de la ville lui permettait de contrôler les routes marchandes vers l'Egypte et la Mecque.


 

 

 

 

Sorte de « Carcassonne » locale, elle offre de nombreux souterrains et autres caves voûtées, et elle est encadrée aujourd'hui par des villages en escaliers sur les monts avoisinants.

 

 

 

 

 

 

 


Après deux nouvelles heures de route, nous arrivons enfin dans le minuscule village de Dana.


Village de Dana


Situé à flanc de falaises, il offre une vue imprenable sur la réserve. 12 familles seulement dans tout le village, avec 90% des maisons en ruine! Le village a été abandonné au fil du temps, et pour cause: pas d'école, pas de commerces (même pas un coiffeur! ae aie aie!), pas de boulot...

Nous logeons au Dana Hotel, maison en pierres avec bien-sûr une terrasse sur le toit (en vert sur la photo), sur laquelle nous nous installons dès notre arrivée pour siroter un thé à la sauge, offert par nos hôtes. Quel calme !

Seule la dizaine de chats errants qui joue sur les toits perturbent le silence de l'endroit.



Le Dana hotel est géré par à une coopérative créée par les villageois et dont les bénéfices servent à assurer la scolarité des enfants du village.


Fonctionnement de la réserve de Dana

Nous allons ensuite rencontrer la personne en charge du Centre d'accueil des visiteurs de la Réserve, afin que celui-ci nous explique en détails le fonctionnement de celle-ci. La Réserve de Dana fait ainsi partie d'un grand programme d'éco-tourisme initié par plusieurs ONGs. Au delà de l'objectif de préservation de la faune et la flore de la réserve de Dana, les fonds récoltés servent également pour sensibiliser les Jordaniens à l'environnement.


Car il est clair que les Jordaniens ne se sentent pas encore aujourd'hui très concernés par la protection de la nature. On en veut pour preuve le nombre inquiétant de déchets qui jonchent les bas-côtés des routes.

Pour préserver la réserve, le nombre de visiteurs est limité et seuls les Bédouins ont le droit de s'y rendre en voiture. Ce tourisme « vert » permet ainsi de financer de façon autonome le fonctionnement de la Réserve tout en permettant de mettre en place un programme de sensibilisation à la protection de la Nature auprès des écoliers. Comme le résume bien notre interlocuteur, « cela prend du temps de changer les mentalités et mieux vaut alors commencer avec les plus jeunes ! ».


Après un copieux repas partagé avec Raphaël, un autre Français, et Sulimein, le gérant de l'hôtel, nous allons nous coucher afin d'être frais et dispos pour la randonnée du lendemain.

 


Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Publié dans : Jordanie

Levée matinale aujourd'hui, car une grande journée de marche nous attend. Nous avons en effet prévu de parcourir 14 kms à l'intérieur du Wadi Dana, l'un des canyons au sein de la Réserve. C'est un premier test sérieux pour le genou de Coralie: espérons qu'il tienne le coup, sinon on est bon pour un retour par la case Départ sans toucher les 10 000 francs...

Randonnée dans le Wadi Dana

Heureusement, le petit-déjeuner proposé est encore une fois succulent, et nous nous lançons sur la piste l'estomac bien rempli. En plus, le soleil est de la partie . Et dire que deux semaines auparavant, la région était recouverte par 5 cm de neige...

Nous passons la première heure à descendre du village vers le fond du canyon avec de très fréquentes pauses pour prendre des photos et faire reposer le genou (c'est une sacrée descente !).


Les 4 heures suivantes se dérouleront à l'intérieur de la vallée! Nous longeons le lit asséché de la rivière sur 14km. Nous sommes entourés de roches aux formes et couleurs plus extravagantes les unes que les autres. Falaises de grès, sommets culminants à 1500 m, nous nous sentons tout petits au sein de cet immense Wadi désertique. Les roches multiples (granit, grès, calcaire...) donnant aux parois du canyon des couleurs d'une grande diversité (noir, rouge, blanc, gris...).

Mise à part des oiseaux, pas d'animaux en vue bien que nous soyons dans une Réserve. Presque le même constat du côté de la flore à part de très nombreux pieds d'asfodèles, seule plante laissée par les chèvres des Bédouins car toxique. Nous sommes en hiver, et le cours de la rivière est à sec...


Les Bédouins

Nous ne croiserons personne pendant les 5 heures de notre marche, mise à part les Bédouins dont nous traversons les camps en fin de parcours. Une vingtaine de famillles de bdouins ont installs leurs campement à la fin de notre parcours. Une famille nous y propose de la rejoindre sous la tente pour y partager un « thé bédouin ». Deux bédouines entourées de 6 enfants nous proposent donc un bout de tapis sous leur tente. Les hommes sont partis faire paître les animaux. Les conditions de vie sont miséreuses: aucun mobilier, les poules se baladent librement, tout le monde est assis à même la terre battue, pas de chaussures pour les enfants, qui semblent ne pas s'etre lavés depuis des mois et dont les vétements sales tiennent grace à de multiples rapiècements... Nous parvenons tant bien que mal à communiquer: nos noms, nos âges, notre situation familiale (elles congratulent Coralie d'avoir trouvé « a good husband » sans doute à cause de se yeux bleux?ou de son argent? :-)).

Les enfants acceptent de poser devant l'objectif frénétique de Coralie, et se prêtent rapidement au jeu. Nous profitons par ailleurs de l'occasion pour utiliser une première fois notre imprimante portable, afin de laisser une photo de famille aux deux mères: nous serons récompensés par des remerciements enthousiastes. Merci aux collègues de Coralie pour cette grande idée!!






Nous quittons ensuite la tente, mais sommes « escortés » par la plus jolie des petites filles (le modèle préférée de Coralie) qui ne veut plus nous laisser. Nous avons mal pour elle, car elle marche pieds nus sur un sol caillouteux et constellé de boites de conserves et bouts de verre.



Quelques minutes après, nous sommes rejoints par une jeune fille et son frère, tous deux assis sur un âne. Ils accompagnent notre trio (la petite fille étant toujours là) jusqu'à la sortie du camp. Là, elle nous offre deux tomates sorties du garde-manger (un simple enclos contenant des sacs poubelle remplis de nourriture) pour nous remercier des gâteaux que nous leur avions offerts un peu auparavant.


L'histoire d'amour de Coralie et du dromadaire

Nous finissons la randonnée en sirotant un thé au Feinan Lodge, un hôtel de luxe entièrement écologique, mais bien au delà de nos moyens. Nous y attendons le bus de la Coopérative du Dana Hotel qui doit venir nous chercher pour revenir au village. En attendant, Coralie décide de faire connaissance avec un dromadaire. Après une parade amoureuse où Coralie court après le dromadaire puis ce dernier court apres Coralie en ouvrant grand la gueule (les employés de l'hotel étaient morts de rire), le jeune mâle sort une langue monstrueusement longue et gonflée en poussant des cris gutturaux assez ignobles ! On nous expliquera plus tard que le male est en chaleur... beurkkk



Nous passons ensuite les deux heures et demie du retour cramponnés à nos sièges, car notre chauffeur (chauffard ?) a décidé de prendre les virages les plus serrés possibles sur les routes de montagne...


Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Publié dans : Jordanie

Nous nous levons avec de bonnes petites courbatures aux jambes après notre randonnée de la veille: on n'est pas encore tout à fait en condition, mais on devrait être en bonne forme d'ici quelques semaines !

Heureusement, aujourd'hui, le seul but de la journée est de se rendre à Wadi Musa, la ville située à proximité du site de Petra. Nous partons vers 11h avec le même chauffeur fou, en compagnie de Raphaël qui fera le chemin avec nous, et partira ensuite plus au Sud.

Arrivée à Wadi Musa

Après une heure de route, nous déposons nos affaires au Valley Stars Inn, petit hôtel familial à l'entrée de la ville. Nous discutons un peu avec le gérant de la situation à Gaza qui ne semble pas s'améliorer avec le refus d'Israël de suivre les appels du Conseil de Sécurité de l'ONU en faveur d'un cessez-le-feu. Derrière nous, une télé allumée sur une chaîne arabe diffuse en boucle les images des civils massacrés...

Nous disons ensuite au revoir à Raphaël, et nous nous lançons à l'assaut de la ville, qui n'a visiblement pas d'autres intérêts que d'être située à côté des ruines de Petra.

Manifestation mouvementée

Après quelques centaines de mètres, nous entendons les cris d'une foule, haranguée par une homme qui crie avec rage dans un porte voix: une manifestation a lieu devant la mosquée.





Des hommes de tout âge et de nombreux enfants (mais aucune femme évidemment...) scandent en choeur des slogans en brandissant des drapeaux palestiniens, des banderoles ou des panneaux sur lesquels figurent des photos d'enfants palestiniens tués lors des attaques israëliennes de la bande de Gaza.



Au milieu de la foule, deux personnes portent symboliquement un brancard avec un mannequin ensanglanté comme un rappel des images diffusées sur les chaînes arabes. Nous suivons alors l'avancée de la manifestation dans les rues de la ville sans trop savoir comment notre présence est perçue par les manifestants. Nous sommes les seuls touristes, et Coralie la seule femme dans la rue. Ne comprenant pas un mot d'arabe, nous pensons naïvement qu'ils manifestent pour la paix. Nous comprendrons bientôt qu'il n'en est rien...



Après quelques minutes, la foule s'arrête et écoute parler au mégaphone un religieux protégé par un homme en habit militaire. Des enfants sont invités à scander des slogans au mégaphone, face a la foule. Certains enfants portent des sabres, d'autres des mitraillettes. Que comprennent-ils de la situation? dans quelle mesure sont-ils instrumentalisés? L'embrigadement commence tôt...


Un des manifestants vient ensuite à nous et s'adresse à nous en français. Il nous explique qu'il s'agit d'une manifestation POUR la guerre, un appel lancé à tous les Palestiniens pour détruire Israël (60% des Jordaniens sont d'origine palestinienne). Il nous traduit également les slogans des manifestants: « Notre seule règle est le Coran » qui leur dicte « visiblement » de défendre leurs frères musulmans, ou encore « Allah akbar » càd « Dieu est grand ».


De retour devant la mosquée, le leader des manifestants religieux brûle un drapeau israëlien que les enfants s'empressent de piétiner de manière consciencieuse et acharnée. La foule se disperse alors, mais rapidement un cercle d'une cinquantaine de personnes se forme autour de nous lorsqu'un des manifestants nous prend à partie: ne sommes-nous pas d'accord que les enfants ne doivent plus être massacrés? qu'il faut défendre les palestiniens? qu'Allah est notre Grand Dieu et qu'il nous dicte d'entrer en guerre pour les aider ?! Euh...ben...difficile de le contredire sans craindre d'attiser sa colère et celle de la foule pressée autour de nous. Nous faisons semblant de ne pas comprendre...et jouons la montre sur ce coup. Heureusement, le jeune manifestant parlant français est encore avec nous et calme un peu les esprits, ce qui nous permet de nous échapper discrètement en suivant un policier en civil en charge de la protection des touristes. Nous avions prévu une après-midi tranquille, et bien nous avons été servis !

Nous passons le reste de la journée à travailler sur le site pour envoyer les récits et photos de nos deux premières journées en Jordanie, et nous couchons de bonne heure. Demain, Petra nous attend !



Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Publié dans : Jordanie

Nous nous levons une nouvelle fois de bonne heure (pour ceux qui penseraient qu'on se la coulait douce en tour amonde...) pour arriver tôt sur le site de Pétra, afin d'éviter les groupes de circuits organisés.

Petit cours d'histoire sur Pétra

Classé par l'UNESCO au patrimoine mondial de l'humanité, le site de Pétra (qui signifie « roche » en grec) était la capitale des Nabatéens. Ce peuple arabe qui domina la région transjordanienne à l'époque préromaine, tailla dans les falaises de grès multicolores d'extraordinaires temples et tombeaux.

Nomades du désert dépourvus de véritable tradition architecturale, les Nabatéens empruntèrent beaucoup d'éléments artistiques aux peuples qu'ils côtoyèrent dans le cadre de leurs activités marchandes, d'où les influences égyptiennes, assyriennes, mésopotamiennes, héllenistiques, et romaines que l'on retrouvent dans leurs travaux.

A son apogée, Pétra pouvait accueillir jusqu'à 30 000 habitants. Elle tomba toutefois dans l'oubli à partir du 12ème siècle, et ne fut réellement redécouverte qu'en 1812 par un jeune explorateur suisse qui réussit à entrer dans Pétra (jusque-là gardée jalousement secrète par les Bédouins) en se déguisant en pèlerin musulman.

A ce jour, seul 5% du site a fait l'objet de fouilles (soit 800 lieux de visites dont 500 tombes !): Qui sait, on va peut-être découvrir des trésors cachés?


Ce qui est vraiment génial dans Pétra, c'est qu'il n'y a aucun circuit balisé. Le site est immense, et il faut plusieurs heures de marche pour atteindre certains monuments situés au sommet de montagnes. Nous décidons d'y consacrer 3 jours pour pouvoir en voir les monuments vedettes, mais également s'écarter des sentiers battus.


Petite visite guidée dans Pétra...


Le Siq


Long de prés de 2 kms, le Siq est le passage qui permet d'accéder à Pétra. Plus l'on avance et plus les parois se resserre, si bien qu'à certains endroit le passage ne mesure plus que 2m de large, mais bien 200m de hauteur! Comme on pourrait le croire en regardant ses parois lisses et ondulées, le Siq n'est pas un canyon creusé par l'eau, mais un bloc fissuré par l'action des forces tectoniques.


Et au moment où l'on pensait ce couloir sans fin, apparaît comme par magie THE monument le plus impressionnant de Pétra: le Trésor. 




Le Trésor

Il s'agit en fait d'un tombeau, mais la légende laisse entendre qu'un pharaon y aurait laissé ses euros dans l'urne qui couronne le monument. Et les habitants des environs ont du porter un crédit sérieux à cette histoire, car l'urne est criblées d'impacts de balles, attestant des tentatives de la faire éclater.





Rue des façades

Ceux sont les premières Tombes troglodytiques nabatéennes, mais il y a près de 500 tombeaux de ce style sur tout le site. On peut se demander d'ailleurs, en voyant toutes des sépultures et l'absence d'habitations, si Pétra n'était pas finalement une vaste nécropole. Et bien non, car si les multiples caves rouges de Pétra accueillaient bien des morts et non des habitants, c'est parce que ceux-ci, issus du peuples nomades, vivaient sous des tentes!







Le théatre


Incroyable! les habitants successifs de Pétra se sont même offert un théâtre taillé dans la pierre pouvant accueillir jusqu'à 8500 hab, soit 30% de la population.





Nous entamons maintenant une montée d'1h, pour accéder au « haut lieu des sacrifices », perché au sommet d'une des montagnes encadrant le site. Il paraît que la vue d'en haut des époustouflante, alors allons-y!










Nous redescendons maintenant dans vers la ville basse, et prenons le temps de visiter quelques sépultures. Nous sommes seuls et avons l'impression d'être les premiers à les découvrir!



Toutes les sépultures ne contiennent pas uniquement les tombeaux, mais également une salle de banquet ou l'on célébrait les funérailles et les cérémonies commémoratives.


Pétra est incroyable par la diversité de ses couleurs. Les façades naturelles sont à elles-seules des oeuvres d'art!




Après une première journée passée à arpenter durant 5 heures une infime partie du site de Pétra, nous convenons que cette dernière mérite bien tous les qualificatifs qu'on lui attribut habituellement !




Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Publié dans : Jordanie

Continuons la visite entamée hier. Nous avons maintenant quelques repères et marchons d'un pas décidé, bien qu'un peu mécanique à cause de nos multiples courbatures (surtout Coralie qui grâce à ces randos repousse chaque jour ses limites physiques)! Nous doublons fièrement les quelques touristes qui s'arrêtent prendre des photos des premiers monuments.

Aprés l'heure de marche nécessaire pour entrer au coeur de la cité, nous commençons par aller voir de plus près le Palais tombeau, imitation sur 3 étage d'un palais romain.



Nous pique-niquons avec ce qui est devenu notre principale nourriture: un falafel. Sain (oui maman Brigitte, nous mangeons bien nos 5 fruits et légumes par jour), économique (0,65€ par personne) et trop bon!


Maintenant délesté de notre casse-croute et pleins de nouvelles forces, nous entamons une grande montée jusqu'au monastère. Nous gravissons plus de 8000 marches pour y parvenir. Mais nos efforts sont récompensés: le monastère est impressionnant et la vue imprenable.


Comptez ensuite 2,5 heures pour retourner à notre hôtel, et vous nous trouverez tout crevés dans notre chambre d'hôtel, en train de préparer cet article...


Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Publié dans : Jordanie

Nous passons aujourd'hui notre troisième et dernière journée sur le site de Pétra. Au programme, une randonnée d'1h30 pour aller découvrir le Trésor depuis un des sommets le surplombant.


Cette ascension est pour nous l'occasion de nombreuses pauses pour admirer des vues d'ensemble du site, pour déguster un nouveau pique-nique de fallafels, pour lire en prenant le soleil, ou encore pour dessiner. Bref, nous profitons au mieux des derniers moments sur le site.


Et devinez qui nous croisons en rentrant l'hôtel ? Non, quand même pas Nicolas et Carla de retour sur le lieu de leur romance....Simplement Raphaël, le guide français croisé à Dana, qui vient d'arriver avec un groupe de touristes. Le monde (et la Jordanie) est donc bien petit!





Demain, nous partons pour la réserve naturelle du Wadi Rum située en plein désert.


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Publié dans : Jordanie

Nous quittons Pétra pour nous diriger vers le Sud, dans les plaines désertiques du Wadi Rum. Nous avons RDV avec Mohammed, qui dirige un camp de bédouins à l'intérieur de la réserve du Wadi Rum. Nous allons nous offrir quelque chose que nous voulions faire depuis longtemps: Une excursion dans le désert des bédouins!


Wadi Rum


Le Wadi Rum s'étire du nord au sud sur quelques 130 km. Il offre un paysage désertique de sable, de roche et de massifs de grès érodés, vieux de 50 millions d'années.


Le Wadi Rum est peuplé d'environ 5000 bédouins qui descendraient du prophète Mahomet. Ce désert a enfin été rendu célèbre par les exploits de T.E. Lawrence (plus connu en tant que Lawrence d'Arabie).


Au passage, rappelons que Carlos, l'oncle espagnol d'Alex, a débuté sa fulgurante carrière d'acteur dans un film du même nom!



Un petit tour dans le désert...

Nous sommes accompagnés dans notre tour du désert par Erika et Frederic, tous 2 volontaires québécois, en charge de l'accueil des touristes étrangers. Nous avons réservé un tour de 6h en 4x4 dans le désert avec des arrêts dans les plus beaux sites de la Réserve.


En réalité, nous passerons à peine 4h dans le désert avec des arrêts pour la plupart sans intérêt (deux sources d'eau qui ressemblaient à de petites mares + un mur en ruines où Laurence d'Arabie se serait un jour arrêté + une roche en forme d'éléphant).


Mais comme il nous faut pas grand chose pour nous divertir, on s'est amusés comme des gosses dans les dunes de sables. La preuve en images:




Une nuit dans le désert

Après ce petit tour de 4x4 un peu trop court à notre goût, nous arrivons au camp de bédouins situé en plein désert où nous allons passer la nuit.




Le camp est de la pure tradition bédouine et l'emplacement nous permet d'avoir une vue plongeante sur le désert. Nous regardons le soleil se coucher sur un sable couleur de feu et un silence assourdissant.


Nous nous réchauffons avec quelques verres de thé autour d'un feu dans la tente principale. Longues discussions sous la tente au sujet de la Jordanie, de la vie bédouine, des voyages.


Place ensuite au repas bédouin, qui diffère finalement peu de ce que nous avons mangé jusqu'ici: salade de tomates et concombres au beurre de qq chose dont on a oublié le nom, ragoût de poulet accompagné de pois chiches et pommes de terres.


Nous passons le reste de la soirée à discuter sous la grande tente, puis rejoignons la nôtre, repus, au son du luth joué par un des bédouins. Dehors, le ciel étoilé est d'une clarté incroyable, la pleine lune est tellement éclatante que nous pouvons voir nos ombres s'étirer dans le désert. Magique...



Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Publié dans : Jordanie

Journée passée dans les transports pour remonter sur Amman, dont nous repartirons le lendemain pour Israël: 1h de taxi, 5h de minibus local, puis re-taxi jusqu'à l'hôtel. Arrivés dans notre chambre, notre audition est diminuée de bien la moitié, à cause des multiples coups de klaxons de nos différents conducteurs (un véritable concert, tout est prétexte à klaxonner: pour dépasser, pour saluer une connaissance, pour prévenir un hypothétique danger, pour avertir de son arrivée, etc.) et la radio, toujours à fond les ballons.

Nous en profitons pour faire la liste des quelques points marquants de l'urbanisme jordanien.


Les routes:

  • les routes assurant les grandes liaisons sont souvent en très bon état, mais quand on s'en éloigne, bonjour les nids de poules et tronçons au goudron explosé!

  • pas de marquage au sol (ou complétement effacé?), même sur les 2 voies. Résultat: des dépassements parfois hasardeux dans les virages de montagne...

  • pas de feux tricolores, mais un nombre incalculable de ralentisseurs: disons, tous les 3 kms en campagne, et tous les 500 m en ville ! Le « dos d'âne » prend ici tout son sens...

  • pas de passage piétons (toute traversée en ville s'effectue au péril de sa vie, et inutile de forcer, les voitures ne ralentiront pas !)

  • pas de motos ni de vélos: Contrairement aux turcs ou marocains par exemple, les Jordaniens sont soit en voiture, soit à pieds.

  • peu de transports en commun (aucune ligne de train, et des liaisons de bus publics uniquement entre les grandes villes)

  • et en général, disons que l'état de délabrement déjà bien avancé des voitures est à l'image des vicissitudes imposées par l'état des routes et le relief escarpé de la Jordanie

Les habitations:

  • des maisons toute simples, carrées, sans volet, surplombé d'une terrasse sur laquelle le linge est étendu

  • des fils de fers prolongent souvent les 4 angles de la terrasse, en attente de la construction dun étage supplémentaire. En effet, les maisons s'aggrandissent par ajout d'étages successifs, en fonction de l'agrandissement de la famille ou des économies

  • des murs en béton, souvent peints en blanc ou en rose





Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
 
Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés