Publié dans : Japon

12 mai 2009.


Nous atterrissons à Tokyo vers 6h du matin, et expérimentons immédiatement l'efficacité nippone, nos bagages étant déjà sur le tapis roulant juste à notre sortie de la douane. Une douce mélopée est jouée par les hauts parleurs de l'aéroport, comme pour nous dire « Bienvenue au Japon, détendez-vous ».


Nous prenons ensuite un train pour rejoindre le centre de la capitale, d'où nous prenons un métro pour aller chez le couple de Couchsurfers qui nous hébergera durant les deux prochaines nuits.


Plusieurs premières impressions / constations durant ce trajet en métro:

- les toilettes dans les stations de métro sont très propres, gratuites, et une petite musique d'ambiance du style « chants d'oiseaux » ou « ruisseau qui coule » est là pour couvrir d'éventuels bruits gênants

- nous sommes éblouis par la propreté du métro et des rues; rien ne traîne par terre, tout est immaculé. Vous pouvez imaginer le choc après plus d'un mois à voyager dans l'Asie du Sud Est...
- aux heures de pointe comme ce matin, les tokyoïtes font sagement la queue devant chaque coté des portes avant d'entrer dans le métro. Et le comble, c'est que contrairement aux parisiens ils ne se précipitent pas comme des fous pour s'immiscer dans la rame; non, ils attendent patiemment que les gens sortent du train avant de s'y engouffrer tranquillement. Waouh! Quelle belle leçon de civisme, pour nous qui étions prêts à jouer des coudes, comme d'hab', pour trouver une place dans le métro...
- les gens sont extrêmement silencieux dans le métro; personne ne discute bruyamment au téléphone, comme dans le métro parisien
- la carte du métro est assez incompréhensible aux premiers abords, mais une fois que l'on a compris qu'il y avait plusieurs compagnies de métro/train à Tokyo, on arrive à s'en sortir.
- des plans indiquent dans quel train se placer, en fonction des sorties des stations pour le prochain changement. On peut ainsi optimiser au mieux son trajet. Malin!! 
 

Il faudrait décidemment envoyer une équipe de la RATP faire une petite étude ici, afin de s'inspirer des bonnes pratiques nippones!


Si on s'intéresse aux tokyoïtes eux-mêmes, hormis leur calme, leur civisme incroyable, on est sous le charme de leurs fringues. Ils ont tous trop la classe! On se sent plus que jamais comme des « voyageurs ploucs ». La très grande majorité des hommes et femmes portent des costumes aux coupes impeccables. Nous n'avons pas vu de costard-cravates, depuis notre départ, alors là c'est le choc! Même les jeunes qui distribuent les prospectus dans la rue sont élégamment vêtus de costards ! Ensuite, on repère les jeunes aux tenues hyper sophistiquées, avec plein d'accessoires, et des coupes de cheveux ultra travaillées: de vrais fashion-victims dans des styles toujours changeants. Enfin, il y a les excentriques habillés en gothiques ou en personnage de mangas. Bref, c'est un défilé de mode qui s'opère sous nos yeux ébahis et jaloux. Nous aussi on aimerait bien avoir de belles fringues et des sacs hors de prix!!!


Nous sommes accueillis à la gare par Harold, un Canadien qui enseigne l'anglais dans le cadre de cours particuliers. Après avoir déposé nos affaires dans leur petit appartement, nous nous écroulons sur le canapé pour une petite sieste (la nuit a été courte avec seulement 4h de sommeil dans l'avion).


Après ces deux heures de repos nécessaire, nous partons à Shinjuku, l'un des quartiers les plus animés de la ville, pour déguster notre premier festin de sushis. Depuis le temps qu'on en rêvait ! Et nous ne sommes pas déçus par la qualité et surtout le choix proposés.


Nous partons ensuite à la découverte du quartier « chaud » de Tokyo avec Harold pour guide (mais bon, même le quartier chaud de la ville est plus paisible que n'importe quelle rue de Paris...). Ce dernier fourmille de petites anecdotes et explications nous donnant ainsi quelques clés pour comprendre cette société japonaise si différente de tout ce que nous connaissons.


La psyche nationale

La société japonaise est extrêmement codifiée et peut paraître au premiers abord un peu bizarre pour nous. Les japonais ne réagissent pas comme nous, qui avons un système de valeurs, et essayons de nous comporter en fonction de ce qui est « bien » et « mal » (héritage de la religion catholique). Les japonais, à la différence se comportent en fonction des situations et du rang des personnes qu'ils ont en face, ainsi que des règles qu'on leur a inculquées. Ainsi, lors d'une première rencontre, le premier geste sera l'échange des cartes de visite, qui permettent de se situer par rapport à l'autre, et se comporter en conséquence. Aucune place n'est laissé à l'improvisation ou à la spontanéité.

L'importance du rang se traduit, dans la langue japonaise, par des verbes qui sont différents en fonction du rang de la personne à qui l'on exprime! Quand aux étrangers, nous sommes « hors schémas ». Pour les Japonais, il y a « nous » et « eux » (tous les non-Japonais). Ainsi, Harold nous confie qu'il est impossible pour un « non japonais » de s'intégrer dans la société japonaise, car il est de façon intrinsèque en dehors de celle-ci, même s'il en partage le langage, les codes et les valeurs.

A noter qu'avant la 2nde guerre mondiale, le sentiment nationaliste était inculqué très tôt aux jeunes japonais, qui apprenaient à l'école que le Japon est une race « unique » et supérieure. Le caractère insulaire du pays et les nombreux pans de son histoire où le pays a fermé ses frontières ont participé au succès de ces idées, encore présente dans l'inconscient national. Ainsi, Harold nous confie qu'il a souvent des discussions avec certains de ses élèves qui sont convaincus que le Japon est une race unique, et que Jésus est venu s'y réfugier après avoir ressuscité!!


Les Japonais, un peuple «robot»?

Le sentiment d'appartenance à la communauté est extrêmement marqué. Au premier abord, le fait de voir tous ces japonais marcher silencieusement au même pas dans la même direction, on n'a pas l'impression d'être en face d'individualités, mais plutôt d'être face à une société robotisée où les gens ne pensent pas pour eux-mêmes. Mais en fait, il faut le lire différemment: les japonais ne pensent pas « comme » le groupe, mais « pour » le groupe. Par exemple, lorsqu'un Japonais porte un masque devant sa bouche, ce n'est pas pour se protéger de la pollution, mais pour éviter de contaminer d'autres personnes car il est (ou pense) être malade. L'égoïsme est ainsi sans doute le vice le plus grave au Japon. Un autre odieux défaut aux yeux des nippons: mettre les autres dans une position inconfortable, notamment en posant des questions sur la vie privée ou même sur la politique. Ainsi, seuls des amis de longue date se permettront d'aborder des sujets personnels ensemble. Une autre remarque: si l'on bouscule par inadvertance quelqu'un dans le métro par exemple, celui-ci va tout de suite se confondre en excuses en se courbant le plus bas possible et de nombreuses fois. Les excuses sont en effet sans doute le plus grand lubrifiant social dans cette société où une dispute serait le comble de l'inconfort.


Les machines à sous

Au cours de notre promenade, nous passons devant une boutique remplie de ce qui semblent être des machines à sous. A l'intérieur une musique assourdissante, surtout en comparaison du calme extérieur: les billes qui tombent des machines font en effet un vacarme continu. Car il ne s'agit de billes et non de pièces de monnaie, les jeux d'argent étant interdits au Japon. Alors pour rester dans la légalité, les Yakuzas (la mafia japonaise) ont trouvé une combine. Les gens ne jouent pas d'argent, mais achètent des billes pour jouer aux machines. S'ils gagnent un grand nombre de billes, ils peuvent aller les échanger au comptoir contre des produits de consommation (DVD, lecteur mp3, console de jeux...). Ensuite, ils peuvent se rendre avec ce produit dans le magasin de troc judicieusement placé juste à côté du « casino » pour récupérer de l'argent. Malin, non ?


Les bars à hôtes et hôtesses

Un peu plus loin, nous découvrons un autre aspect de la facette limite morale/légale des Japonais: les bars à hôtes ou hôtesses. Ceux sont des endroits où des Japonais paient pour « flirter » avec de belles Japonaises (et parfois plus si affinités ou si porte-feuilles bien remplis). Et cela marche aussi avec des japonaises souhaitant flirter avec de beaux hôtes japonais. On découvre ainsi des publicités sur les devantures des bars avec les photos des jeunes hôtes (ou hôtesses) y travaillant. Plutôt bizarre... Harold nous dit même que certaines japonaises se ruinent littéralement dans ces relations, car évidemment quand elles n'ont plus d'argent, les gentils hôtes sont tout de suite beaucoup moins amicaux.



Le quartiers des bars

Enfin, nous terminons notre visite de ce « quartier du vice » par un petit tour dans un bloc rempli de minuscules établissements où les Japonais viennent se saouler après leur boulot. Le principe de ces mini-bars est simple: on paye un droit d'entrée pour une heure, et on peut boire autant que l'on voit durant ce temps. Vous imaginez l'état des japonais en sortant. Il faut voire que dans une société aussi codifiée que le Japon, l'alcool est un des seuls moyens de relacher un peu la pression et de laisser s'exprimer ce que l'on pense vraiment.

Mais avant de rentrer chez Harold, nous faisons un petit détour pour aller admirer Tokyo depuis le 45 étage du Tokyo Administration Building.

Une fois de retour dans le petit appartement, nous faisons la connaissance de Kelly, la femme de Harold. Cette américaine est venue faire des études d'Histoire de l'Art au Japon il y a 8 ans, et n'a plus quitté le pays depuis. Elle a ainsi profité d'un programme américain plaçant des ressortissants dans les écoles nippones pour enseigner la bonne prononciation de l'anglais.

Nous sortons tous les quatre pour aller manger dans un petit restaurant près de chez eux. Sur le chemin, nous sommes une nouvelle fois hallucinés par le calme et la sérénité qui règnent dans les rues et ruelles de la capitale: on se sent vraiment en sécurité où que l'on soit, même dans la plus petite et la plus sombre des ruelles. Mais nous rentrons ensuite de bonne heure, car la journée a été longue et nous sommes bien contents de retrouver nos tatamis pour notre première nuit japonaise.

 



Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Commentaires

salut les voisins !
bon ça faisait un moment qu'on était pas passé par là ..
apparemment votre trip se passe bien malgré le contretemps hôpital !
chez nous à Paris , aujourd'hui il fait 30°, on est un peu en vacances aussi :) et sinon tout va bien

a bientôt !
Commentaire n°1 posté par fred's family le 25/05/2009 à 18h25
Bonjour,
Et pourquoi pas une Pizza au sushi.Rapporter la recette dans vos sacs à dos.
Bisoussss JFO
Commentaire n°2 posté par JFO le 21/05/2009 à 10h43
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés